L'année 1976 fut déterminante pour moi. En plus de bousculer les idées reçues, ma vision de la vie et de l'art en général furent l'objet d'une remise en question. Puis, petit à petit, à force d'observer ce que faisait les autres et d'assimiler leur travail, je me suis adapté à cette forme de langage qu'est l'art abstrait. La peinture " sauvage " comme je l'appelais.

 

À l'âge de quinze ans donc, j'adoptai ce mode d'expression et trouvai en lui une façon de m'exprimer en marge de la société et en toute liberté; affranchi des idées préconçues que la plupart des gens ont de l'art en général.

 

C'est d'ailleurs à cette même période que le noir occupa une place importante dans mes recherches. Il y est encore aujourd'hui. C'est aussi à cette période que je désirais par dessus tout définir ma pensée par rapport à l'art. Après avoir lu dans une biographie de Rothko, un passage qui disait que l'art se définit au départ par une idée complexe que l'artiste dans son cheminement amène à sa plus simple expression, je compris l'importance de cette citation. À travers l'évolution personnelle de l'artiste, contre vents et marées, le dépouillement, la pureté et l'assurance dans l'exécution, à mon avis, déterminent la maturité de l'oeuvre.

 

À la suite d'une exposition solo en avril 1978 à la Galerie Gilles Corbeil, rue Crescent à Montréal et d'une couverture de deux pages dans le Magazine Montréal et malgré le fait que presque la totalité de mes oeuvres eurent trouvé preneurs, ce fut à l'âge de seize ans la débandade totale, la panne d'inspiration, le trou noir dans lequel on tombe et qui se referme sur soi. Incapable de peindre, ma descente artistique fut complète et sans équivoque. Quelques retours ça et là, ponctués d'oeuvres sans lendemain ont bien marqué ces périodes sèches et infructueuses, mais en vain.

 

Puis, depuis 2010, ma production va bon train. Comme le phénix renaît de ses cendres, j'ai repris là où j'ai laissé. Sans compromis.

 

Fort de ces années de silence et de refoulement mon oeuvre en est ressortie plus riche, plus mature, plus sereine. Aucun doute dans mon esprit que ce retour marque le début productif d'un long cheminement.

 

Pour l'amour de l'art

Denis Vandal

Mon séjour à l'atelier du Frère Jérôme en 1976 fut déterminant pour moi. En plus de bousculer les idées reçues, ma vision de la vie et de l'art en général furent l'objet d'une remise en question. Puis, petit à petit, à force d'observer ce que faisait les autres et d'assimiler leur travail, je me suis adapté à cette forme de langage qu'est l'art abstrait. La peinture " sauvage " comme je l'appelais.

 

À l'âge de quinze ans donc, j'adoptai ce mode d'expression et trouvai en lui une façon de m'exprimer en marge de la société et en toute liberté; affranchi des idées préconçues que la plupart des gens ont de l'art en général.

 

C'est d'ailleurs à cette même période que le noir occupa une place importante dans mes recherches. Il y est encore aujourd'hui. C'est aussi à cette période que je désirais par dessus tout définir ma pensée par rapport à l'art. Après avoir lu dans une biographie de Rothko, un passage qui disait que l'art se définit au départ par une idée complexe que l'artiste dans son cheminement amène à sa plus simple expression, je compris l'importance de cette citation. À travers l'évolution personnelle de l'artiste, contre vents et marées, le dépouillement, la pureté et l'assurance dans l'exécution, à mon avis, déterminent la maturité de l'oeuvre.

 

À la suite d'une exposition solo en avril 1978 à la Galerie Gilles Corbeil, rue Crescent à Montréal et d'une couverture de deux pages dans le Magazine Montréal et malgré le fait que presque la totalité de mes oeuvres eurent trouvé preneurs, ce fut à l'âge de seize ans la débandade totale, la panne d'inspiration, le trou noir dans lequel on tombe et qui se referme sur soi. Incapable de peindre, ma descente artistique fut complète et sans équivoque. Quelques retours ça et là, ponctués d'oeuvres sans lendemain ont bien marqué ces périodes sèches et infructueuses, mais en vain.

 

Puis, depuis 2010, ma production va bon train. Comme le phénix renaît de ses cendres, j'ai repris là où j'ai laissé. Sans compromis.

 

Fort de ces années de silence et de refoulement mon oeuvre en est ressortie plus riche, plus mature, plus sereine. Aucun doute dans mon esprit que ce retour marque le début productif d'un long cheminement.

 

Pour l'amour de l'art

Denis Vandal